Alors que la majorité des constructeurs automobiles foncent vers l’électrique, Ferrari adopte un tout autre tempo. Entre stratégie assumée et fidélité à son ADN, la marque au cheval cabré semble avancer… à contre-courant.
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Un calendrier volontairement ralenti
Ferrari n’est pas pressée. Son premier modèle 100 % électrique ne verra le jour qu’à la toute fin de 2026, soit bien après la vague lancée par ses rivaux. Et même ce lancement s’annonce progressif : la technologie centrale sera révélée dès octobre 2025, suivie par l’intérieur début 2026, pour une présentation complète au printemps. Les livraisons ? Pas avant l’automne 2026.
Pourquoi tant de prudence ? Pour certains observateurs, il ne fait aucun doute que Ferrari maîtrise son tempo pour ne pas brusquer une clientèle attachée aux émotions mécaniques. Le rugissement d’un V8 ou la montée en régime d’un V12 ne se remplace pas si facilement par un silence feutré et un sifflement électrique…
Une santé commerciale qui pousse à temporiser
Ferrari n’a, il faut dire, aucune urgence économique à sauter le pas. En 2024, la marque a livré 13 752 véhicules, un record historique, avec une progression à deux chiffres de son chiffre d’affaires : près de 7 milliards de dollars, grâce notamment aux succès des 296 GTS, Roma Spider et du Purosangue, son tout premier SUV.
Avec une telle dynamique, pourquoi risquer de perturber la demande ? La firme italienne préfère miser sur une transition douce, en continuant à renforcer sa gamme hybride, bien plus en phase avec l’ADN sportif de la maison.
L’hybride comme passerelle, pas comme compromis
En 2025, six nouveaux modèles sont attendus, dont la fameuse Ferrari électrique, mais aussi des évolutions plus traditionnelles. Parmi elles, un remplaçant pour la SF90 Stradale, modèle hybride haut de gamme dont la carrière s’est achevée en 2023. Sa version cabriolet est déjà attendue avec impatience.
La gamme 296 vient également d’accueillir une version plus radicale, la 296 Speciale, fidèle à l’esprit des berlinettes extrêmes. Quant au mystérieux sixième modèle, il pourrait bien s’agir d’une déclinaison hybride rechargeable du Purosangue, ou d’un successeur à la Roma en version coupé.
Ces choix laissent entrevoir une stratégie claire : prolonger l’ère des moteurs thermiques et hybrides, en répondant aux normes sans renier l’ADN émotionnel de la marque. L’électrification intégrale viendra, mais pas au prix de l’identité Ferrari.
En ralentissant volontairement l’électrification de sa gamme, Ferrari envoie un message fort : elle ne se pliera pas aveuglément à la tendance, préférant suivre son propre chemin, à son propre rythme. Une stratégie qui pourrait séduire ceux qui, au-delà des performances chiffrées, recherchent encore l’âme d’une sportive. Et peut-être, au fond, est-ce là que réside le vrai luxe aujourd’hui.

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